Interview : Claire Gaide parle du festival WE LOVE GREEN

 

 

 

CLAIRE GAIDE

- Responsable contenus et développement durable du festival

Le festival We Love Green est né en 2011 de la volonté de ses deux fondateurs Marie Sabot (directrice associée de l’agence We Love Art) et Emmanuel de Buretel (Because Music).
Leur idée : d’une part, repenser la conception d’un événement en plein air en intégrant les contraintes environnementales et ayant donc un impact moindre sur l’environnement et d’autre part, en faire un levier de sensibilisation du grand public au développement durable.
 

Sur votre site Internet www.welovegreen.fr, vous présentez le festival comme un "Laboratoire d’expérimentations de solutions de développement durable pour le secteur événementiel et le spectacle vivant". Pouvez-vous nous faire part de votre retour d’expérience en nous indiquant les actions qui peuvent être facilement dupliquées sur d’autres festivals ?
 

Claire Gaide : Je vous invite à lire le bilan 2015 de nos actions.
Toute les démarches sont duplicables, mais cela demande un investissement (financier et humain) et le développement d’une véritable stratégie où l’impact sur l’environnement est pensé à chaque prise de décision. Par exemple, notre organisation concernant le tri des déchets est facilement reproductible. Transformer les déchets en une nouvelle matière première c’est faire le pari d’une future richesse via le traitement sur des circuits courts ! L’idée qu’un déchet peut être transformé en ressource nous plait beaucoup sur le festival. Au Japon par exemple, le Fuji Rock festival a développé un système de revalorisation des bouteilles. Ces dernières sont transformées en pull qui sont alors offerts aux équipes techniques. En revanche, nous allons chercher à l’étranger certaines solutions comme le générateur à huile recyclée. Ce type de prestation n’existe pas encore en France et demande donc un peu plus d’effort pour les organisateurs (financiers, administratifs, etc..).
 

Sur toutes les actions que vous avez testées, qu’est-ce qui fonctionne moins bien selon vous ?

Claire Gaide : Depuis le lancement du festival, nos nombreux partenaires associatifs témoignent de leurs actions en faveur d’un développent plus durable via des stands de sensibilisation. Mais nous nous sommes aperçus que ce n’était pas la meilleure solution pour sensibiliser les festivaliers. Cela demande une démarche volontaire de leur part et ce n’est pas forcément le lieu ici, puisqu’ils viennent principalement pour écouter de la musique. Nous nous sommes donc remis en question pour encourager la dimension participative du festival. Nous avons mis en place une organisation plus interactive avec des cycles de conférences et de tables rondes dont l’ADEME était le principal partenaire en 2015. Le programme est annoncé un mois à l’avance, sur le même page que le line-up des artistes, avec pour cette année un partenariat avec le magazine les Inrockuptibles pour être plus attractif.
 

Avez-vous mis en place des indicateurs spécifiques à votre démarche en faveur du développement durable ?

Claire Gaide : Notre nouvelle stratégie 2016-2018 définit nos objectifs à atteindre en matière d’impact écologique, social et économique et une charte a été conçue pour expliquer les actions mises en place par le festival pour atteindre ces objectifs. Le périmètre actuel de nos actions sur la partie environnementale vise 6 domaines : les déchets, l’énergie, les transports, l’eau, l’alimentation, la sensibilisation du public (plus compliquée à mesurer). Nous effectuons chaque année un bilan carbone de notre festival. Cette année nous prévoyons le développement d’un outil propre au festival, qui nous permettrait de décider sur quels champs agir en priorité et bien sûr de communiquer sur nos avancées. Via notre page Facebook, un questionnaire est envoyé aux festivaliers en aval du festival pour faire notre bilan carbone. Nous offrons la possibilité de gagner des pass par tirage au sort pour l’édition suivante. Nous souhaitons faire évoluer le festival sur sa dimension sensibilisation : plus de contenus, plus de conférences… Et bien sûr, nous poursuivons le développement de nouvelles solutions à moindre impact sur le festival, qui est un véritable laboratoire d’expérimentation avec l’ensemble de nos partenaires !

- Avril 2016