Interview : Olivier Philippot parle d'encodage green et communication

 

 

 

 

OLIVIER PHILIPPOT

- CTO Associé

Quelles sont les tendances actuelles en matière d’encodage green ?

Olivier Philippot : Ce domaine est nouveau. Lorsqu’une équipe travaille sur le développement d’une application ou d’un site, ce n’est pas encore un axe principal.
Aujourd’hui, les contraintes dans ce type de projets sont d’abord « il faut faire vite et beau » puis on regarde l’aspect sécurité et enfin après, viendra parfois l’environnement.
La demande est donc encore limitée même si certaines grosses entreprises commencent à mettre cet aspect dans leurs appels d’offre.
Mais le sujet avance car avec la mobilité et les objets connectés on constate de plus en plus l’impact sur la consommation et l’autonomie de l’appareil qui se décharge beaucoup plus rapidement avec les logiciels non éco-conçus. L’intérêt est donc de plus en plus visible.
 

Est-ce que l’encodage green prend plus de temps dans le développement ? Est-ce que ça coûte plus cher ?

Olivier Philippot : Si l’on réfléchit à cet aspect dès le début du projet, à l’étape d’éco-conception du logiciel, non.
La réflexion doit porter sur les fonctionnalités : chaque module, chaque image, chaque police de caractère aura un impact…tout le design est réfléchi pour développer juste ce qui est nécessaire. Il faut que les équipes marketing discutent avec les équipes techniques pour voir ce qui est vraiment important. Il est nécessaire de revenir sur les besoins réels. Se demander quel est le cout de chaque choix ?
Quelques exemples :

  •  Les icones des réseaux sociaux (nombre de tweet ou de like) impliquent de mettre des librairies qui feront continuellement du « contact serveur » en temps réel…donc avons-nous vraiment besoin de mettre le nombre de tweet sur tous les articles ?
  •  Les polices de caractère différentes : on a assisté à une explosion ces 5  dernières années de polices spécifiques. Or, chaque utilisateur devra télécharger cette police supplémentaire avec son mobile. C’est  équivalent à une image en terme de taille, donc le forfait data consommé en plus, la mémoire aussi et il y a une perte d’autonomie plus rapide.

Pour conclure, cela ne prendra pas plus de temps, si ce n’est le temps d’apprentissage, la sensibilisation des équipes.
 

Avez-vous un message à faire passer aux communicants ?

Olivier Philippot : La problématique de réduction de l’impact environnemental est complexe car il y a beaucoup d’acteurs donc il faudra d’abord chercher à sensibiliser, puis discuter avec le développeur et enfin chercher des solutions d’hébergement à moindre impact.
Sur ce dernier point, il est difficile de s’y retrouver actuellement. En matière d’hébergement vert, seul fait foi le code de conduite européen. C’est une démarche volontaire donc mieux vaut poser les questions directement à l’hébergeur pour avoir des éléments d’information.
De manière générale, on privilégiera toujours les normes européennes ou ISO.

Enfin, ce qu’il faut retenir en matière de green code c’est que le retour sur investissement est garantit : plus j’optimise mon site, plus j’aurai un classement important dans Google, plus on reviendra sur mon site, moins on désinstallera mon application.
L’éco-conception est un très fort différenciant pour le marketing : si j’éco-conçois, j’optimise !

- Août 2016
 

Voir l'interview de Karine Niego - Yes We Green, une application éco-conçue